Les Echos Leadership & Management

Le management de transition, solution anti-crise ?

Le management de transition, solution anti-crise ?

Se réorganiser en pleine crise, apporter une réponse rapide et pertinente à une situation sensible et complexe, se réinventer pour répondre aux enjeux climatiques et s'adapter à la digitalisation sont des tâches qui mobilisent les managers de transition. Zoom sur ces urgentistes du management.

[Extrait] Le management de transition, c'est quoi ?

Cette solution managériale s'appuie sur un opérateur externe à l'entreprise qui intègre l'équipe, le temps de la réalisation de missions fixées en amont, pour une durée moyenne de huit mois. Aux fonctions variées, les managers de transition présentent des compétences techniques pointues et une expérience professionnelle diverse et variée, dans l'optique d'apporter une réponse rapide et pertinente à une situation souvent sensible et complexe.

Quels avantages pour l'entreprise ?

Les managers de transition offrent aux entreprises une réactivité (presque) instantanée, en plus d'une qualité d'expertise qui apporte souvent une plus-value non négligeable . En outre, le regard neuf du manager de transition permet une objectivité maximale et potentiellement l'obtention des meilleurs résultats possibles. En quête de compétences pointues, difficiles à trouver dans l'immédiat, les managers de transition présentent une forte capacité de travail qui en font des perles rares.

Pourquoi la crise favorise-t-elle l'expansion du secteur ?

Face aux rééquilibrages globaux, à la tension dans les chaînes d'approvisionnement et à l'émergence de la digitalisation avec le télétravail, il est certain que les compétences de ces managers, essentielles au bon fonctionnement des entreprises, sont des plus appréciées. Le manager de transition doit faire preuve d'adaptabilité, de réactivité et d'une bonne gestion de projet, une correspondance parfaite avec les besoins actuels. Résultat : le management de transition est tout particulièrement compatible avec une situation de pandémie. Dans ce contexte tendu, « le management de transition est la variable d'ajustement du recrutement, notamment sur des missions de management relais voire de pré-embauche. Il apparaît alors comme une solution de recrutement accéléré. », insiste Bruno Calbry, président de 400 Partners , au constat que le marché des cadres redevient pénurique, comme au début de l'année 2020.

Et demain, qu'en sera-t-il ?

La fonction souffre encore de nombreux préjugés mais cette perception tend toutefois à sensiblement évoluer. Deux tendances : un certain rajeunissement et une féminisation des managers de transition qui cherchent davantage de liberté ou de sens dans leur travail et le trouvent dans un cadre prédéfini, avec une mission, des objectifs et une durée claire en amont. Et des cadres de plus de 50 ans, ne parvenant pas à retrouver un CDI rapidement, choisissent durablement le management de transition.

Mais cette activité, certes en croissance, devra néanmoins faire face à de nombreux enjeux, notamment « l'arrivée d'une nouvelle concurrence avec les plateformes de management de transition, même si leur modèle économique et la confiance perçue dans le tout digital ne sont pas encore totalement au rendez-vous. Du reste, les managers n'ont jamais eu autant besoin du tiers de confiance que nous sommes alors même qu'ils souhaitent être désintermédiés », pointe Bruno Calbry, qui anticipe une scission du marché entre cabinets premium et d'autres intervenant sur des missions de management relais ou des positions « middle ».

Lire l'article complet d'Arthur Ressegaire, dans Les Echos Leadership & Management du 11 janvier 2022.

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